• Des menaces, et puis quoi encore ?

    Malcolm avait beau avoir déserté les lieux, le mélange d'angoisse et de colère qui faisait cogner mon coeur dans ma poitrine ne disparut pas lui. Je rentrai à l'intérieur, m'assurai nerveusement que Benjamin et Mélissa n'avaient pas bougé de leur berceau et m'asseyai sur le lit, furieux, en tentant de chasser toutes ces émotions qui m'empêchaient d'y voir clair. J'étais furieux, furieux qu'il s'invite comme ça chez moi, furieux qu'il me menace, et en même temps j'étais effrayé à l'idée de ce qu'il pourrait faire.

    Menaces.

    Est-ce que je devais me plier à ses menaces ? La simple idée de céder à Malcolm me fichait en rogne... mais là il ne s'agissait pas seulement de moi. Qu'est-ce que je devais faire ? Je n'avais pas envie de me séparer de ma famille, ni des rares amis que j'avais dans le coin. Dire que les Plènozas m'avaient plus ou moins fichu la paix tout ça pour ressurgir maintenant ! Je ne comprends même pas comment il pouvait aller aussi loin à cause d'une vieille rancœur.

    Plongé dans mes réflexions, je ne prêtai pas attention au grincement de la porte d'entrée, m'indiquant d'ordinaire quand est-ce que Gwen rentrait. Elle me trouva à l'étage, statique, les poings serrés, en train de fixer un point dans le vide comme si j'étais pas loin de commettre un meurtre.

    - Qu'est-ce qui ne va pas ? me demanda-t-elle immédiatement en s'installant à mes côtés.

    Menaces.

    Je ne savais pas si c'était une bonne idée de lui en parler, en même temps, je ne voyais pas comment trouver une solution tout seul, et Malcolm n'avait pas dit quand et comment je devais couper les ponts... Mais mieux valait ne pas jouer au plus malin non plus, j'étais partagé entre l'envie de l'envoyer sur les roses et mener ma vie comme je l'avais commencer, et exécuter ce qu'il m'avait ordonné, pour éviter de mêler ma famille à nos histoires. J'hésitai avant de commencer :

    - Hum... j'ai croisé Malcolm Plènozas tout à l'heure.

    - Ah, ça s'est mal passé ?

    - Un désastre, tu sais je t'avais parlé de ce qui m'a envoyé en taule ?

    - Oui mais c'est vieux tout ça.

    - Pas pour lui il me fichera jamais la paix...

    - Il t'insulte ?

    - Si ce n'était que ça... non il veut que je quitte la ville, et que je vous laisse tous derrière moi, sinon il s'en prendra à vous. A toi. A Benjamin. A Mélissa.

    Bon, voilà c'était sorti, j'appréhendais ce qu'elle en dirait, après tout, c'était de ma faute si on en était là. Alors que je m'attendais à la voir s'inquiéter ou se mettre en colère, elle fronça les sourcils en signe de réflexion.

    - Tu penses qu'il est sérieux ?

    Je repensais à mon envoi en prison, orchestré à l'origine par ses parents, maintenant que Malcolm était adulte, il avait les pleins pouvoirs sur la ville, combien de personnes avaient-ils sous ses ordres ? Et de quel acabit ? Je l'imaginais bien trafiquer avec des criminels, et cette seule idée déclenchait des frissons dans toute ma colonne vertébrale.

    - Oui...

    Gwen garda un silence de quelques secondes, réfléchissant à une solution que je ne trouvais pas moi-même, et proposa :

    - Hum... et si on déménageait à Willow Creek ? On pourrait rester quelques temps chez mes parents le temps de trouver un endroit où s’installer.

    - On n'a pas assez d'argent pour déménager et je doute que l'on puisse vendre la maison si les Plènozas s'en mêlent... il ne me laisserait pas m'en tirer aussi bien...

    Menaces.

    Je ne voyais pas comment nous sortir de cette situation, il ne me semblait y avoir qu'une seule solution, qui ne me plaisait pas vraiment, je sentais comme une épine qui s'enfonçait dans mon coeur à mesure que je prononçais ces mots :

    - Le mieux c'est sans doute que je parte...

    A peine finissais-je ma phrase que je vis Gwen s'énerver pour la première fois de ma vie, et je peux vous dire que j'en menais pas large.

    Menaces.

    - Alors ça certainement pas ! Non mais tu m'imagines seule avec deux enfants ? Et t'irais où hein ? Tu te retrouverais à la rue, tout seul et personne ne pourrait t'aider ! Tu vas pas te laisser faire par cet abruti, si ? J'te connaissais pas comme ça !

    Menaces.

    - Je sais... mais Gwen, ce type est cinglé ! Avec tout le pouvoir qu'il a il ne me laissera jamais tranquille, même pour une histoire aussi vieille ! Et moi j'ai été assez stupide pour ne pas tenter de calmer les choses...

    - Qu'est-ce que t'aurais pu calmer avec un dégénéré dans son genre ? T'aurais préféré faire profil bas et tendre le bâton pour te faire battre ? Même si t'avais cessé de riposter il aurait continué de te chercher, t'aurais juste été sa tête de turc ! C'est ça que tu regrettes ?

    - Non mais...

    - Si t'as le malheur de ne serait-ce que songer à m'abandonner mon cher Vincent je te promets que c'est moi qui vais aller lui remettre les pendules à l'heure au Plènozas ! Qu'il essaie de me séparer de mon mari et je réduirais en charpie cette réputation à laquelle il tient tant...

    Cette simple idée me fit d'un seul coup avoir plus peur de ma femme que du blondinaze, je ne sais pas pourquoi mais dans une confrontation verbale entre Malcolm et Gwen dans ma tête c'était plutôt Gwen qui l'emportait. J'esquissai un maigre sourire.

    - D'accord mais fais tout de même attention...

    - Et c'est toi qui me dit ça ! Bon, tu arrêtes de ruminer ou je dois te changer les idées moi-même ?

    - Ça dépend comment, répondis-je avec un sourire espiègle.

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    - Vilain ! Non mais t'as vraiment les idées mal placées !

    - Ah ! Non pas les chatouilles... !!

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    Je me demande vraiment ce que je ferais sans elle...

    Même si suite à cette conversation, je savais que je ne me plierais pas aux menaces de Malcolm, Gwen avait raison, si je le laissais faire, Malcolm aurait tôt de tout réduire à néant. Malgré cela je sentais toujours, tapie quelque part, cette angoisse de voir la vie de ceux que j'aimais empoisonnée par ma faute. Je doutais que Malcolm en reste là, de quoi serait-il capable ? J'avais soudain l'impression de très mal connaître mon ennemi. De sombres pensées revenaient me hanter jusque dans mon sommeil, et je me surprenais à vérifier le matin que personne n'ait disparu dans mon entourage.

    Pourtant, même si je ne pouvais plus dormir tranquille, je continuais de me lever le matin, d'entretenir mon petit monde et de vivre sans que rien ne se passe. Cependant je savais que mes démons ne risquaient pas de m'oublier eux, et je me sentais pas loin de craquer. Je ne le montrais pas à Gwen mais il n'y avait rien pour me rassurer, je pensais que je ne saurais jamais ce qu'était une vie normale après ça.

    C'était du moins ce qui me torturait l'esprit jusqu'à ce que j'ai une visite surprise alors que Gwen était partie travailler. J'avoue que je ne comprenais pas trop ce qu'il fichait là.

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    - Salut Vincent, écoute, Gwen m'a tout raconté...

    Ah. Je n'arrive décidément pas à lui cacher grand chose... mais je suppose que c'est normal puisqu'on vit ensemble. Même si je ne voyais pas trop ce que le fait qu'il soit là allait changer à ma situation.

    - C'est gentil Lucas mais je crois pas que tu puisses m'aider cette fois-là...

    - Effectivement mais je ne suis pas venu t'aider, du moins, pas pour ce que tu voudrais.

    Je haussai un sourcil, j'avoue que je ne le suivais plus tellement là.

    - Vincent, je sais que tu es en train de te torturer l'esprit après ce que Malcolm t'a dit et, même si je n'en connais pas les détails, ça ne sert à rien, ça ne changera rien à la situation.

    - Mais quand même ! Je peux quand même pas faire comme si j'ignorais tout ?

    - Non mais pense à ta famille, Vincent tu dois en profiter, si tu t'inquiètes continuellement aucun de vous quatre ne pourra vivre normalement. Je ne pense pas que Malcolm puisse vraiment vous atteindre là maintenant. Et même s'il essayait, tu ne seras pas tout seul. Ne pense pas que les Plènozas soient intouchables, je suis certain qu'il y aura toujours un moyen d'esquiver leurs tentatives. Tu l'as déjà prouvé non ?

    Il me donna un coup de coude  complice.

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    - Puis, entre nous, ça ne te ressemble pas trop de te laisser marcher sur les pieds comme ça non ?

    Je lui rendais son sourire un peu plus franchement.

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    - Merci Lucas...

    - C’est à ça que ça sert les amis !

    Pourtant je n'aurais jamais espéré en avoir un d'aussi précieux dans mon entourage...

    On discuta encore un peu de tout et de rien, pas mal de ce que devenait la famille, un peu du "bon vieux temps", j'appris notamment que Dina et lui avaient eu eux aussi une fille, Daniella. Un peu trop tôt à mon goût, il dut repartir. Mais cette fois je me sentais un peu mieux, j'avais toujours cette pointe d'inquiétude telle une épine dans mon cœur, mais je savais qu'il avait raison.

    Des menaces, et puis quoi encore ?

    J'avais une famille à aimer et, pour elle, je ne devais pas me laisser abattre.

    Et pis, si Malcolm se pointe, je l'envoie manger les pissenlits par la racine, et bon débarras !

     


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  • Je ne sais absolument pas quelle mouche m'a piqué, mais dans cette màj y'a limite que du dialogue, ch'ais pas mais la narration c'm'a pas paru nécessaire ^^'

    Faites des gosses qu'ils disent.

    - Papa tu fais quoi ?

    - Du jardin.

    - Mais c'est pas un truc de vieux ça ?

    - ...

    ????

    Non mais expliquez moi où ce gosse a bien pu choper des clichés pareils hun ? Je vais coller un contrôle parental sur l'ordinateur moi...

    ????

    ... et faut aussi que je le cloue quelque part pour le surveiller.

    Depuis que Benjamin avait grandi, il semblerait qu'il soit plus motivé à remettre en question l'autorité parentale plutôt que de se préoccuper de son avenir.

    ????

    - Mais papa ch'uis même pas encore allé à mon premier jour d'école, ça sert à rien d'bosser avant !

    - Si, ça sert à avoir autre chose qu'un pois chiche dans la cervelle.

    - C'est quoi un pois chiche ?

    - Une raison de plus pour apprendre.

    - Pff...

    N'empêche moi j'dis ça mais à son âge j'étais pas plus emballé... ahem...

    - J'ai fini ! On va au parc maintenant ?

    - Euh...

    - T'avais promis !

    - Ah bon ?

    - Oui oui ! (c'est pas vrai mais ça marche toujours)

    - Bon d'accord....

    J'vous jure c'qu'on ferait pas pour ces gosses...

    D'ailleurs même quand ils jouent ils trouvent le moyen de nous recruter...

    ????

    - Et là tu vois l'alien et tu lui fais pan pan dans sa face ! T'as compris Killian ?

    - Ouais mais quel alien ?

    - Euh... PAPA tu veux bien faire le méchant monstre ? S'il-te-plaît s'il-te-plaît s'il-te-plaît !

    Parfois je devrais vraiment écouter Gwen quand elle me démontre par A+B qu'il peut être nécessaire de dire "non" de temps en temps...

    ????

    - Euh... ouais bof hein, laisse tomber papa !

    - On a qu'à dire que le caillou là-bas c'est un méchant Racaillou qu'on va lui poketinisé la tronche !

    - Ouais trop bien  !

    Nan mais sérieux il a quoi de plus que moi ce gros caillou ? Il était très bien mon monstre !

    Enfin, ça encore c'était que quelques jeux d'enfants, le pire restait à venir...

    Faites des gosses qu'ils disent.

    - B'jour p'pa, b'jour m'man ! Allez debout !

    - Roh mais t'es grand tu sais où se trouve le frigo !

    - Mais c'est mon premier jour d'école ! J'veux pas y aller tout seul !

    - Ah mince c'est vrai...

    C'est pas humain de se lever si tôt.

    ????

    - Fouaaaa ch'uis claquée !

    - A qui le dis-tu Mélissa m'a tenu éveillé toute la nuit.

    - Moi j'ai dormi comme un bébé !

    - On devrait enfermer ce berceau entre quatre murs... soupirai-je.

    - Dis pas n'importe quoi... bon tu le conduis aujourd'hui ?

    - Euh...

    - Merci.

    Je crois que je viens de me faire avoir...

    - Papa ?

    - Oui ?

    - Si je reviens vivant de l'école aujourd'hui tu m'achètes un nouveau jouet ?

    - Hein ? Mais tu vas pas à la guerre non plus hein !

    - S'il te plaîîît !

    ????

    - Euh...

    - Merci papa !

    Se faire embobiner par sa femme et son fils, c'est tout un art que je semblais très bien maîtriser. N'empêche que j'en menais pas large au moment de l'accompagner prendre le bus.

    ????

    - T'as bien fait tes devoirs ?

    - Oui papa.

    - Tu parles pas aux inconnus hein ?

    - Et mes amis j'me les fais comment ?

    - Euh... ouais oublie. Tu t'es brossé les dents ?

    - Oui papa.

    - Tu as...

    - Bon papa je crois que j'vais y'aller tout seul prendre le bus hein.

    Évidemment c'était pas parce qu'il était (enfin) parti en cours que j'allais cesser de m'en faire.

    ????

    - Je suis sûr que j'ai Ben a oublié quelque chose !

    - Mais non...

    - Et s'il se trompait de bus ?

    - Y'en a qu'un seul...

    - Et si les autres élèves étaient méchants avec lui ?

    - Y'a pas de raison...

    - Et si la maîtresse était un tyran ??

    - Bon Vincent va faire un tour ça te changera les idées.

    Mouais n'empêche que j'avais plutôt raison de m'en faire puisqu'on a vu Benjamin rentrer l'air absolument ra-vi de sa journée...

    ????

    - J'en ai marre de la vie !

    Évidemment, Gwen et moi sommes allés voir ce qui le faisait autant râler. Comme j'étais très occupé à imaginer le pire, c'est sa mère qui a pris la parole en premier.

    - Bah mon chéri qu'est-ce qu'il y a ?

    ????

    - J'en ai marre quand la maîtresse a fait l'appel les autres se sont tous fichu de moi parce que je m'appelais Taulard ! J'les déteste !

    Ah, oui. C'est sûr que c'est pas un cadeau ce nom de famille. Mais c'était pas une raison pour s'en prendre à mon fils, sales gosses décérébrés.

    - Non mais j'vais leur apprendre à se tenir moi à ces morpions, une bonne raclée et ça moufte plus !

    - Vincent... soupira Gwen.

    - Quoi ?

    - Tu ne montres pas du tout le bon exemple là ! Benjamin n'écoute pas ton père ça n'attire que des ennuis. Si ces enfants sont méchants avec toi, ils ne méritent pas ton attention, s'ils t'embêtent, tu les ignores, et s'ils...

    Gwen était lancée, on y était pour dix bonnes minutes, surtout que j'avais l'impression qu'elle ne s'adressait pas qu'à son fils pour le coup. N'empêche que c'est vrai, une bonne rouste et on leur apprend la vie à ces sales mioches. Je jetai un coup d'oeil à Benjamin qui avait tout autant décroché que moi, on va pas refaire sa mère hein. Il avait dû lire dans mes pensées puisqu'il me fit un petit sourire complice que je lui rendis avant que Gwen ne commmence à râler sur le fait qu'on ne l'écoutait pas alors que ce qu'elle disait était super important.

     

    ????

    Je doutais que le sermon interminable de Gwen ait fait son effet, et j'avais plutôt raison...

    - Allez Mouflette dépêche toi d'grandir comme ça on refera tous les deux l'portrait d'ces débilos à l'école ! Hé mais pleures pas tu vas me faire griller ! Chuuuteuh !

    ????

    - Benjamin au lit à cette heure !

    - Moui maman... *tout bas* j'espère que t'es fière de toi, pfff...


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  • Dans ce chapitre il y aura un changement de point de vue donc je signale le narrateur avant de raconter ^^

    Mélissa

     - Vincent -

    Le temps passe vraiment trop rapidement... ça a vite été le tour de Mélissa de grandir, non mais elle est pas adorable ma puce ?

    ????

    Elle et Benjamin c'était le jour et la nuit, déjà j'avais pas besoin de courir après Mel' pour lui faire faire ses devoirs (en fait c'est plutôt moi qui la fuit, puisqu'elle n'arrête pas de me poser des colles avec ses questions, qu'est-ce que ça va être au lycée...)

    ????

    Avec Gwen, on ne savait pas trop de qui elle tenait c'te gamine, elle était sage comme une image et surtout calme et silencieuse, pas du tout comme son père et même pas comme sa mère. Elle préférait de loin lire un bon livre dans la petite chambre que elle et Ben partageaient plutôt que d'aller jouer dehors avec son frère.

    ????

    Pour Ben qui se faisait une joie d'avoir un nouveau compagnon de jeu, il était plutôt déçu fallait bien l'avouer, ce n'était pas qu'ils s'entendent mal tous les deux, mais leurs centres d'intérêt étaient très différents.

    ????

    - Papa ?

    - Oui ?

    - J'pourrais avoir un p'tit frère ?

    ????

    - Euh... kof kof Tu sais que ça ne se commande pas comme ça ?

    - Bah la maîtresse elle dit que c'est dans les chou qu'on en trouve, vu que tu fais du jardin, tu peux m'en planter un non ? Moi j'en ai marre de jouer tout seul, Killian est cool mais j'le vois pas tout l'temps quoi... alors dis je peux ? Je l'arroserais tous les jours si tu veux !

    - Beh... en fait c'est pas exactement comme ça que ça se fait les enfants...

    - Comment alors ?

    - ...

    - Alors ?

    - ...t'as pas des devoirs à faire ?

    - Pfff pas drôle...

    ????

    Ouf sauvé, pour l'instant du moins. Enfin, il avait l'air d'y tenir alors je m'suis dit que j'allais au moins en parler avec Gwen, une fois que les enfants seraient partis à l'école bien sûr, s'agirait pas qu'y ait des oreilles qui traînent.

    ????

    - Y a Ben qui m'a réclamé un petit frère tout à l'heure bon j'vais pas lui dire qu'il voulait que je jardine pour en avoir un Je sais qu'il est un peu triste de ne pas avoir quelqu'un pour jouer avec lui, donc je me disais qu'on pourrait au moins y réfléchir. Après ça dépend de toi, et puis c'est p't'êt' pas le moment et...

    - Bah quel est le problème ? me coupa-t-elle alors que je commençai sérieusement à m'emmêler les pinceaux. J'trouve pas que ce soit une mauvaise idée...

    ????

    Pour un peu je me laisserais prendre à son sourire charmeur, sauf que ce serait bien que ma conscience reste dans ma boîte crânienne pour une fois. Pense Vincent, pense avant de faire une bêtise...

    - Ouais mais va falloir faire des travaux, puis ça pourrait tout aussi bien être une fille, puis déjà que deux enfants c'est pas évident à gérer...

    - Moi je trouve ça tout à fait envisageable...

    ????

    Bref, vous avez déjà deviné comment tout cela s'est fini je suppose...

    ????

    - Mélissa -

    Bonjour ! Moi c'est Mélissa Taulard, ouais on a un nom qui en jette pas vraiment dans la famille mais on s'en fiche hein ? C'est qu'un nom !

    Bref, y'a une chose que j'adore trop, c'est lire. Ch'ais pas pourquoi Benji déteste ça, on apprend plein de choses dans les livres puis c'est la porte ouverte vers d'aautres mondes ! Même que maman, ben elle est trop d'accord avec moi ! Sauf que elle, elle les écrit les livres, puis comment elle écrit trop bien ! Je veux faire comme elle plus tard !

    Enfin pour en revenir mon frère et moi, y'avait vraiment que physiquement qu'on s'ressemblait. Parce que Benjamin il a pleins de copains, et aussi pleins d'ennemis, et il passe son temps à jouer. Moi ben ch'uis plutôt du genre à m'installer dans un coin de la cour de récré pour lire tranquillement. J'aime pas trop la compagnie des autres, j'ai pas envie d'aller jouer sur le bateau pirate ou à la maison de poupée.

    ????

    Enfin voilà, j'étais bien dans mon coin, toute seule, puis y'a ces deux blonds qui sont dans une classe supérieure qui sont arrivés...

    ????

    - Salut Taulard, encore à lire tes livres de bébé ?

    J'ai rien répondu, maman dit toujours qu'il faut pas répondre aux autres élèves quand ils essaient d'être méchants, ça sert à rien. Normalement ils continuent deux minutes puis ils partent, mais pas là. Celui qu'avait pas de lunettes a poursuivi :

    - Il s'trouve que j'ai faim et que mon goûter m'a pas suffit, ça te dérange pas que je "t'emprunte" le tiens pas vrai ?

    J'ai froncé les sourcils, qu'est-ce qu'il me raconte celui-là ?

    - Non mais si t'as faim t'as qu'à t'en acheter un autre, j'te passerais pas l'mien !

    Il a esquissé un sourire mauvais qui m'a fait un peu peur.

    - Et pis tu crois que tu vas faire quoi pour m'en empêcher hein ?

    - Euh...

    C'est vrai que j'étais pas bien épaisse à côté de lui et que le sport c'était pas trop mon truc, mais j'avais pas envie qu'il me pique mon goûter !

    - C'est ton sac ça nan ? Vas-y Léonard sers-toi.

    - Hein ? Euh... OK.

    J'ai vu l'autre à lunettes se pencher vers mon sac posé à côté du banc et j'ai crié :

    - Hé nan mais t'as pas l'droit j'vais l'dire à la maîtresse !

    ????

    - Nan mais regarde moi ce bébé ! "J'vais l'dire la maîtresse" ha ha, t'en as d'autres comme ça ?

    Je me suis sentie coincée et, ch'ais pas, les larmes sont montées toutes seules. C'était pas juste, ils avaient pas le droit de faire ça....

    ????

    - Et voilà qu'elle chiale... y t'faut quoi encore ? Qu'on change ta couche ?

    Puisqu'il avait obtenu ce qu'il voulait, le dénommé Léonard s'est tourné vers son acolyte l'air un peu pressé.

    ????

    - Bon Christian on va pt'êt' la laisser tranquille non ? J'crois qu'son frère t'a vu j'ai pas envie d'expliquer à papa pourquoi me r'faudrait une nouvelle paire de lunettes...

    J'ai relevé la tête et effectivement j'ai aperçu Benjamin au loin qui nous regardait d'un mauvais œil. J'ai vite effacé les traces de larmes, il pleure jamais lui, même quand les autres sont pas gentils, j'avais pas envie de lui montrer que j'étais faible.

    - Arrête de flipper tu m'fais honte, qu'est-c'tu veux qu'y fasse hein ?

    ????

    - Mel' y'a un problème avec ces deux pignoufs ?

    Je savais pas trop quoi lui dire, j'm'étais fait volé mon goûter sans rien pouvoir dire quand même c'était trop la honte. Au final c'est Christian qu'a répondu à ma place.

    ????

    Nan rien on tapait juste la discute, pas vrai Mel ?

    Il a jeté un regard appuyé dans ma direction, Benjamin pouvait le voir mais moi j'en avais des frissons dans toute la colonne vertébrale, ça ressemblait un peu au regard des vieux rabat-joie du parc qui doivent pas beaucoup aimer les enfants. Ben là, je voyais chez Christian le même éclat méprisant, et je me suis ratatinée sur moi-même. Est-ce que c'était normal d'avoir un tel regard à cet âge ? J'avais envie de lui hurler dessus que pour moi c'était pas rien ce qu'il avait fait, mais j'avais trop peur des représailles et au final ben, c'était qu'un goûter, alors je me suis dit que ça en valait pas la peine et je me suis forcée à sourire.

    - Euh... ouais c'est ça, y'a rien.

    Les deux blonds ce sont éloignés et Ben s'est tourné vers moi, je me doutais qu'il n'y croyait pas vraiment. J'étais trop nulle si j'arrivais même pas à cacher ma faiblesse.

    ????

    - T'es sûre que ça va ?

    Il fallait pas que Benjamin s'en mêle, je voulais pas que ça lui retombe dessus ou qu'il pense que je savais pas me défendre.

    - Hein ? Bah ouais y'a rien.

    Il avait pas l'air très convaincu alors j'ai vite changé de sujet :

    - Bon, on va bientôt reprendre les cours, tu viens ?

    J'arrivais pas à lui dire ce qu'il s'était passé, je me sentais trop naze de m'être laissée faire comme ça, puis je me disais que vu qu'il avait eu ce qu'il voulait, Christian allait me laisser tranquille. Mais j'avais tort, en vrai ça s'est pas arrêté.


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  • Les malheurs de Mel.

    - Vincent -

    Bon bah voilà on avait un petit troisième en route...

    ?????

    Benjamin était persuadé que ce serait un garçon, et on avait beau lui dire que seul le hasard en déciderait, il s'était sérieusement enfoncé ça dans l'crâne. D'ailleurs il avait pas trop compris pourquoi Gwen avait un bébé dans son ventre plutôt qu'une graine de chou, mais j'ai toujours pas trouvé le courage de lui expliquer... c'est pas de son âge quoi !

    Cependant, même si j'étais heureux d'être père une nouvelle fois - bon ch'uis pas pressé pour la période des pleurs et des couches mais bon - , il y avait tout de même quelque chose qui m'inquiétait....

    ?????

    Le comportement de Mélissa était devenu assez inhabituel, quand elle rentrait de l'école, elle ne prenait même plus le temps de nous saluer et filait faire ses devoirs dans sa chambre. Qu'elle s'isole n'était pas étonnant, elle avait toujours eu un côté solitaire, mais ce n'était plus pour un livre tranquillement, entrer dans la petite bulle de son univers... ça me faisait plutôt penser à une mise à l'écart volontaire.

    Alors, un jour où je l'ai entendu pleurer au travers de la porte de sa chambre, je suis entré pour savoir ce qu'il n'allait pas. Je l'ai vu essuyé au plus vite ses larmes, se forçant à sourire mais avec un air coupable au fond des yeux, et je me suis senti bête de ne pas l'avoir remarqué avant. Je me suis assis sur le lit à côté d'elle et je n'y suis pas allé par quatre chemins :

    ?????

    - Ma puce qu'est-ce qui ne va pas ?

    Elle se mordilla la lèvre inférieure, comme si elle hésitait, puis d'un seul coup elle craqua. Les larmes ont dévalé ses joues à toute vitesse et elle lâcha, des sanglots dans la voix :

    ?????

    - Papa... j'veux plus aller à l'école, j'en ai marre ils sont tous méchants là-bas !

    J'ai senti la colère grimper devant sa détresse, et je jure que si j'avais eu des noms il y en aurait qui passeraient un sale quart d'heure... sauf qu'elle ne me dit rien de plus, alors je l'ai pris dans mes bras en essayant de la réconforter.

    - Écoute je vais en parler à ta maîtresse d'accord ?

    - Non si tu fais ça les autres y vont encore me traiter de bébé !

    Si je tiens "les autres" je leur tords le cou dans la minute qui suit...

    Elle essuya ses larmes en reniflant avant d'arborer un sourire forcé qui me fit mal au cœur.

    ?????

    - C'est pas grave papa... je vais me débrouiller et... et j'irais quand même à l'école, parc'que c'est important d'apprendre... en... enfin voilà ne t'inquiète pas surtout ?

    Comment voulait-elle que je ne m'en fasse pas ? Puisque je ne connaissais toujours pas l'origine du problème, et que je n'avais pas non plus envie qu'elle m'en veuille si j'en parlais à sa maîtresse, je me suis adressé à la seule personne qui soit sur le terrain pour me faire un rapport sur ce qui n'allait pas.

    ?????

    - Benjamin, tu sais si Mélissa a des problèmes à l'école ?

    - Ben ch'uis pas sûr, tu sais Mel elle est plutôt du genre à rester seule dans son coin et à s'en porter très bien comme ça. Pis moi j'aime bien jouer alors je suis pas tout le temps avec elle.

    - Je vois... tu pourrais juste regarder si personne ne vient l'embêter ?

    - Ben ouais, pas d'problème p'pa.

    - Merci bonhomme, veille bien sur ta soeur, j'ai l'impression qu'elle ne va pas bien en ce moment.

    ?????

    - Compte sur moi p'pa !

    - Benjamin -

    Si même papa qui se rend compte jamais de rien d'habitude - non mais sérieux je joue tous les jours à mettre mon bras entre les mâchoires de Docteur et lui il pense encore que je l'écoute et que j'en reste à l'écart - pensait que Mélissa allait mal, devait y avoir un truc grave. Je savais déjà qu'elle tirait la tronche quand on rentrait de l'école - et même quand on y allait ! - mais j'pensais que c'était parce qu'elle aurait préféré lire tranquillement ce qui lui plaisait dans sa chambre plutôt que de devoir travailler des trucs qui devaient pas forcément l'intéresser.

    Enfin, vu qu'papa comptait sur moi, j'allais pas l'décevoir, puis hein, si jamais c'était un truc vraiment grave et que j'm'en étais pas rendu compte avant, j'étais vraiment le pire des grands frères ! Et si je savais même pas protéger ma p'tite soeur, comment que j'allais faire avec mon nouveau p'tit frère qui pousse dans le ventre de maman ?

    Du coup on s'est rendu à l'école comme d'habitude, je pouvais pas voir ce qu'il se passait en classe vu que j'étais dans une supérieure à elle, mais quand je suis allé jouer sur le bateau pirate et elle s’installer sur son banc habituel pour lire, ben j'ai quand même gardé un oeil sur elle depuis la vigie.

    ?????

    Pis là, alors que j'me disais que tout allait bien et qu'elle devait juste pas aimer l'école et avoir embobiné papa, ben j'ai vu ces deux débilos se ramener la voir, j'les connais c'est les jumeaux Plènozas dans une classe à côté d'la mienne, ils m'avaient cherché des noises en début d'année mais quand j'ai menacé de casser les lunettes à l'autre, ben ils m'ont laissé tranquilles. J'sais bien qu'leur papa et l'notre s'entendent pas, mais eux on leur avait rien fait et ils nous cherchaient quand même. Bon le pire c'est pas Léonard, lui c'est qu'une tafiole, mais plutôt Christian qui est trooop pénible. Genre il campe devant les WC pour faire "payer un droit d'entrée" aux petits et il embête toujours les autres qu'osent jamais rien dire parce qu'il est plus grand, plus méchant et qu'en plus il lui arrive jamais rien quand quelqu'un se plaint.

    Bref, j'disais donc, quand j'ai vu c't'énergumène s'approcher d'ma soeur et elle pâlir en le voyant faire, ben j'ai vu rouge. D'abord j'ai cherché la maîtresse des yeux, parce que les grands font plus peur que moi, mais j'crois qu'il avait justement profité qu'elle parte prendre un café dans la salle réservé aux maîtres et maîtresses.

    ?????

    Après j'ai vu Mélissa se mettre à pleurer et j'ai plus du tout cherché à prévenir un adulte, j'ai sauté du bateau pirate et j'suis allé directement les voir,  et tant pis s'ils sont deux.

    ?????

    - Toi t'arrête tout de suite d'embêter ma soeur elle t'a rien fait !

    Léonard a fait mine de pas être concerné et a reculé - j'vous avais dit qu'il était trop couard celui-là - tandis que son frère lui s'est pas démonté, s'est levé et a rétorqué :

    - Sinon quoi ?

    ?????

    Comme j'voyais toujours la trace rouge des larmes sur les joues de Mélissa et que l'autre avait visiblement pas envie d'arrêter, ben j'me suis dit que tant pis pour maman j'allais le remettre à sa place et comme ça il la laisserait tranquille une bonne fois pour toutes.

    J'ai pas écouté Mélissa qui me disait que c'était pas grave, que j'avais pas besoin d'me mettre en colère et j'lui ai sauté dessus. On est tout les deux tombés par terre mais comme j'avais l'avantage c'est moi qu'ait écrasé Christian de mon poids et j'en ai profité pour le frapper aussi fort que je pouvais. J'écoutais pas ma soeur qui me suppliait d'arrêter, que j'allais avoir des ennuis, j'avais juste envie de lui mettre une bonne raclée à ç'ui-là.

    J'ai vu Léonard partir en courant et cinq minutes plus tard la maîtresse est venu nous séparer et on a tous les deux été convoqués dans le bureau du directeur.

    ?????

    Christian en menait pas large de s'être fait ratatiner comme une crêpe - pis j'l'avais pas loupé il avait le nez qui pissait l'sang dis donc - , 'fin j'étais pas très fier non plus parc'que l'directeur fait un peu peur et que je savais que maman allait pas être du tout contente.

    - J'espère que vous avez une bonne explication tout les deux ! s'exclama le proviseur. On ne se bat pas impunément dans l'enceinte de l'établissement !

    Ch'avais pas c'que ça voulait dire "impunément", mais j'allais pas l'laisser me disputer sans m'défendre.

    - Il a eu que c'qu'il méritait, il a fait pleurer ma soeur !

    ?????

    - C'était rien du tout c'est elle qui pleure comme un bébé pour pas grand chose, et puis c'est lui qu'a commencé d'abord, j'vais l'dire à mon père !

    Ch'ais pourquoi mais j'ai vu le dirlo tiquer à la mention de son père, et puis après ça s'est tout rabattu sur ma tête.

    ?????

    - Bon, Benjamin tu vas être puni pour avoir commencé et toi Christian, j'écrirais un mot à ton père. Maintenant tous les deux, dehors vous avez cours.

    ?????

    J'ai foudroyé Christian du regard et il me l'a bien rendu avant de retrouver le sourire et de me faire remarquer :

    - Pfff, mon père il a trop raison, vous les Taulard vous savez pas r'connaître quelqu'un qui vous est supérieur ! J'espère qu'ta punition s'ra sévère !

    - J'en ai rien à faire d'êt' puni, si tu t'approches encore une fois d'Mélissa j'te démonte !

    - T'façon j'vais tout raconter à mon père, et même qu'y t'enverra en prison, comme pour l'tiens !

    J'ai grimacé, j'aurais pas dû parce qu'il est reparti tout fier. c'est vrai que papa a fait d'la prison ? Y me l'a jamais dit.

    ?????

    La maîtresse m'avait réquisitionné pour ranger la salle de jeu après les cours, ça va ç'aurait pu être pire comme punition, puis elle est gentille la maîtresse, sauf que le directeur a appelé mes parents et que j'ai dû prendre un bus qui passait plus tard, j'vais prendre cher en rentrant moi... J'en avais quand même profité pour me changer, j'avais pas spécialement envie que maman voit que j'avais bien manquer ficher ma veste et mon pantalon en l'air, heureusement qu'il faut souvent amener des affaires de rechange avec le sport.

    Évidemment, maman m'a cueilli dès que j'ai passé la porte d'entrée.

    ?????

    - Dis donc Benjamin, c'est quoi cette histoire de bagarre à l'école ? Je t'ai déjà dit que si t'avais un problème avec un élève tu devais en parler avec un adulte plutôt que de vouloir régler ça tout seul !

    J'étais bien parti pour un sermon interminable sur le fait que c'était pas bien de se battre, lorsque j'ai vu Mélissa descendre les escaliers, elle qui préfère être toute seule dans son coin d'habitude, ben elle m'a même défendu.

    ?????

    - C'est pas d'sa faute maman, y'avait deux plus grands qui m'embêtaient à l'école, Benjamin il m'a juste défendu.

    J'ai vu le visage de maman s'adoucir un peu et elle s'est tourné vers moi, un peu moins en colère.

    - Bon, on en reparlera plus tard, en attendant tu files faire tes devoirs.

    J'ai remercié Mélissa avec un sourire pendant que maman avait le dos tourné, puis je me suis dirigé vers la salle à manger pour travailler, où je suis tombé sur papa.

    ?????

    - Désolé que tu te sois fait gronder mon grand, j'aurais dû en parler directement à la maîtresse plutôt que de te demander ça.

    ?????

    - C'est pas grave p'pa, au moins comme ça Mel pourra aller à l'école tranquille. Bon c'est vrai que j'aurais pas dû m'battre avec Christian, mais y m'avait tellement énervé ! J'pouvais pas m'en empêcher tu vois ?

    - Je sais mon grand.

    C'qui est bien avec mon papa, c'est qu'il est peut-être pas toujours très malin, mais au moins lui et moi on s'comprend. N'empêche qu'y'avait toujours que'qu'chose qui m'turlupinait....

    - Papa, c'est vrai que j'vais aller en prison ?

    - Hein ? Qui c'est qui t'a dit un truc pareil ?

    - Ben Christian a dit que son père allait m'envoyer en prison, comme pour toi ! C’est horrible là-bas ? Ça fait peur ?

    - Ah non mais je t'arrête tout de suite mon bonhomme, on n'envoie pas les enfants de ton âge en prison !

    - C'était un mensonge alors ?

    - Oui c'est ça, un mensonge.

    - Mais et toi t'y a vraiment été ?

    - Oui, mais j'étais bien plus âgé que toi.

    - N'empêche que c'est pas juste ! Pourquoi est-ce qu'ils ont autant de privilèges et pas nous ?

    J'ai vu que papa a hésité à m'répondre, je crois que lui non plus y comprend pas vraiment pourquoi.

    - Bah... c'est comme ça, les gens ont tendance à céder plus facilement face au pouvoir et à l’argent.

    - C'est vraiment pas juste !

    - Je sais bonhomme.

    Je comprends pas comment papa peut accepter ça aussi facilement ! C'est pas normal ! Moi quand j'serais grand je changerais tout ça ! Bon je sais pas trop comment... mais j'le f'rais !

    Malheureusement, j'pensais que toute cette histoire serait terminée vu que j'avais été puni et que l'aut' Plènozas avait rien eu comme d'habitude, sauf que papa a reçu un coup de fil pas très aimable, et qu'on a tout les deux été convoqué, je vous l'donne en mille, à la résidence des Plènozas ! Oui oui rien qu'ça ! Vu que maman était fatiguée avec mon p'tit frère dans son ventre, ben j'y suis allé tout seul avec papa. Elle est grande et belle leur maison, mais elle pue le fric à plein nez, et bizarrement ben j'aime pas trop c't'odeur. Pourquoi Christian a besoin d'embêter les autres s'il a déjà tout ça ?

    ?????

    J'vous raconte pas l'ambiance que c'était, je sais que quand papa parle des Plènozas, ça s'sent qu'il les aime pas, mais là j'avais l'impression qu'il allait pas tarder à lui sauter dessus et l'écharper, et même si en face l'autre se donnait un air suffisant, j'pouvais voir luire dans ses yeux une lueur malsaine qui me mettait mal à l'aise. Rien à voir avec la p'tite querelle que j'avais eu avec Christian, et j'crois que lui aussi l'avait senti, parce qu'il m'avait pas l'air pressé de parler. C'est plutôt Malcolm, son père, qui s'en est chargé, une vraie langue de vipère !

    - Alors Taulard, faut croire que c'est de famille de s'adonner à la violence, hein ? Tu aurais mieux fait d'écouter mon avertissement...

    J'ai vu papa se crisper et serrer les poings, je m'attendais vraiment à ce qu'il perde son sang froid et ça me faisait peur, parce que j'avais d'un seul coup vraiment l'impression d'être face à des personnes trop puissantes pour nous, intouchables. J'avais envie de partir, très loin, sauf que je voulais pas passer pour une poule mouillée devant Christian, et encore moins devant mon papa.

    - Bon et tu comptes faire quoi Malcolm hein ? L'envoyer en prison lui aussi peut-être ?  marmonna mon père entre ses dents serrées.

    Un frisson a parcouru toute ma colonne vertébrale et j'ai jeté un coup d’œil inquiet à mon père, c'était pas lui qui avait dit qu'ils ne pouvaient pas le faire ? J'aurais vraiment aimé qu'il me rassure, mais ce n'était pas moi qu'il regardait à ce moment là.

    ?????

    Malcolm a secoué la tête avec un petit sourire supérieur, et moi je me ratatinais un peu plus sur moi-même à chaque mot qu'il prononçait. Même Christian a glissé discrètement de l'autre côté du canapé comme pour se faire oublier de la conversation dont la tension montait à chaque parole prononcé.

    - Tu es bien naïf Taulard... dommages et intérêts ? Travaux de réparation ? Éducateur ? Ça te parle ? Je ne peux peut-être pas l'envoyer derrière les barreaux mais il existe plein d'autres moyens de vous faire payer... je t'avais prévenu il me semble.

    Là je crois que papa a vraiment pris sur lui pour ne pas l'étrangler, c'était peut-être parce que comme dit toujours maman ça ne résoudrait rien, ou bien parce que j'étais juste à côté de lui et que je crevais littéralement de trouille. En tout cas ce qu'il a sorti m'a carrément impressionné, il a esquissé un sourire railleur avant de lancer :

    - Eh bien Plènozas, on se laisse aller à ce que je vois, je suis pas sûr que le fait qu'un gosse de riche harcèle et rackette plus pauvre que lui soit très bien vu dans la haute société...

    Rackette ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? C'était ça qui arrivait à Mélissa ? Elle a tout raconté à papa et maman finalement ? En tout cas Christian a brusquement pâli et j'ai vu son  père lui jeter un coup d’œil mauvais, j'aurais trop pas aimé être à sa place ! Le père Plènozas a fini par reporter son attention sur nous avec un air dédaigneux.

    - Bah après tout, ce ne sont que des histoires de gamins. Je vous prierai de sortir de chez moi, ça empeste le pauvre ici...

    J'étais trop heureux de m'en être tiré sans ennui pour relever la pique.

    ?????

    - Merci papa, t'es l'meilleur !

    - Tu diras merci à ta mère, c'était son argument.

    - Mélissa -

    ?????

    Papa et Ben était partis chez les Plènozas, et le silence régnait dans la maison. Je voyais que maman était inquiète de ce qui pourrait se passer, on sait jamais avec papa. J'avais tout raconté de ce qui m'était arrivé à l'école ces derniers jours, mais j'avais peur que par ma faute il arrive quelque chose à Ben. J'étais responsable de tout, si j'avais dit plus tôt ce qui se passait, si je m'étais mieux défendue, si je l'avais mieux caché... en fait si j'étais pas là rien de tout ça ne serait arrivé.

    Maintenant maman elle a peur que cette histoire se termine mal, et Ben a été puni à cause de moi, je provoque que des malheurs ici, si j'étais comme les autres enfants, peut-être que ça serait pas arrivé. Je n'apporte que des ennuis à ma famille, je ne veux pas qu'il se passe quelque chose de grave, je veux pas qu'on soit séparé, alors le mieux, c'est sans doute que je parte...

    ?????


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  • Rencontre

    - Mélissa -

    Les rayons du soleil pointaient au travers de la fenêtre, mais j'avais pas envie d'ouvrir les yeux, de toute façon à quoi bon se lever ? J'avais plus envie d'aller à l'école. Je me retournai dos à la lumière avec l'intention de replonger dans les doux bras de Morphée, ceux qui me tenaient éloignés de la réalité, mais je n'arrivais plus à retrouver le sommeil. A contrecœur et avec des gestes mécaniques, je me résignai à me lever.

    ?????

    Par réflexe, je tournais la tête sur ma gauche, là où d'habitude se trouve le lit de Benjamin qu'il faut toujours secouer pour le tirer des couettes. J'eus un pauvre sourire, pour une fois c'est moi qui faisait la grasse mat'. Je balayai du regard ces lieux inconnus, que la fatigue m'avait empêché d'imprimer dans mon cerveau la veille, et mon coeur se serrait. En sortant de la petite chambre, pas de berceau pour un futur bébé, pas d'escaliers pour m'amener dans la cuisine où l'on mangeait tous ensemble... non là, quand je suis arrivée, c'est un homme que je connaissais tout juste qui m'a fait signe de m'asseoir, et la délicieuse odeur du petit déjeuner tout chaud m'aurait presque fait oublier le grand vide que j'avais emporté avec moi.

    ?????

    Maintenant je me souvenais de ce que je faisais ici et pas chez moi, sans ma maman pour me prendre dans ses bras le matin, sans mon papa pour me faire une énième recommandation avant d'aller à l'école, sans Ben surexcité sur le chemin du bus... ils me manquaient, et pourtant j'avais choisi de partir...

    ?????

    - Tu t'es perdue ma p'tite ? Il commence à se faire bien tard pour traîner ainsi dans les rues à ton âge tu sais.

    Papa, il dit toujours qu'il faut pas parler aux inconnus, surtout si c'est des adultes que je connais pas, parce qu'ils pourraient me vouloir du mal, mais, je sais pas, il avait un sourire rassurant ce monsieur, et des yeux tout doux avec plein de gentillesse.

    - Non ch'uis pas perdue.

    - Ah tu rentres chez toi ? Excuse-moi de t'avoir interpellée alors. Je t'ai vu pleuré, je me suis dit que tu ne savais plus où était ton chemin. C'est loin chez toi ? La nuit va pas tarder à tomber tu sais.

    - Je rentre pas chez moi.

    A peine ces mots prononcés je m'étais mordu la lèvre inférieure, c'était comme si toute la réalité des choses me tombait dessus, je reverrais plus jamais papa, maman, Benjamin, et même mon futur p'tit frère ou p'tite soeur j'allais jamais savoir à quoi il ressemblerait, mais je pouvais pas revenir en arrière...

    ?????

    - J'peux pas rentrer chez moi, ch'uis trop mauvaise ! A cause de moi ma famille a eu pleins d'ennuis, je fais souffrir tout l'monde, j'me déteste !

    - Allons allons ne dis pas ça. Quelqu'un qui se soucie autant de ses proches ne peut pas être mauvais. Tu sais ce dont tu as besoin ? Une bonne nuit de sommeil réparateur, tu y verras plus clair demain, et comme ça tu ne prendras aucune décision que tu regretteras d'accord ?

    Non pas d'accord, je voulais partir le plus loin possible d'ici, comme ça on ne me retrouverait jamais. Mais j'étais fatiguée, j'avais du feu dans la gorge et je me sentais si mal que j'aurais donné n'importe quoi pour une petite pause, pour que tout s'arrête maintenant. Et dormir ça ne me paraissait pas si mal comme solution, avec un peu de chance je n'me réveillerais pas...

    ?????

    - Alors Mélissa, est-ce que tu te sens mieux maintenant ?

    Je plantais ma fourchette dans mon assiette avec peu de conviction, comment voulait-il que je me sente mieux ? J'avais l'impression qu'on m'avait arraché le coeur. Je lui ai pas répondu, mais il a insisté :

    - Est-ce que tu veux appeler tes parents ?

    - Non !

    C'était sorti tout seul, dans un élan de panique, si je retournais chez moi, j'apporterais encore du malheur. J'avais beau m'être montrée très malpolie à hausser le ton comme ça, le vieil homme ne s'est pas énervé, il s'est contenté de me demander d'une voix toute calme et bienveillante :

    - Pourquoi ?

    Si je lui disais que j'étais un porte malheur, il n'allait pas me croire, les adultes ne croyaient pas en ce genre de chose, alors j'ai cherché d'autres arguments, qui m'étaient bien plus personnels :

    - J'veux m'en aller d'ici, les autres enfants ils sont tous trop méchants ! Et à cause d'eux, mon frère y s'est pris une punition et mon papa il a dû aller voir des gens qu'il s'entend pas trop avec - les Plaies-aux-as ou un truc du genre - , du coup ma maman elle s'inquiète trop pour mon papa, parce que mon papa ben il est du genre à s'énerver facilement. 'fin avec les autres, parce que moi j'le vois pas souvent en colère mon papa - 'fin sauf lorsque Ben s'amuse à explorer la dentition de Noireaude. Et tout ça, ben c'est trop ma faute, parce que si j'étais normale, ben les autres y s'moqueraient pas d'moi, et si j'savais m'défendre comme Benjamin, ça s'rait pas grave, sauf que moi ch'ais juste pleurer comme un bébé, et ça cause plein de souci à tout l'monde. Dites qu'est-ce qui cloche chez moi ? Qu'est-ce qu'ils ont les autres enfants que j'ai pas ? C'est grave de pas vouloir jouer comme eux ? J'suis un genre de monstre ?

    Il m'a juste souri en réponse, mais les sourires c'est l'truc des adultes pour vous faire croire que tout va bien et que vous êtes pas responsables, moi j'étais pas dupe et c'était pas ça qui allait me faire changer d'avis.

    - Dis ma p'tite, je peux te raconter une histoire ?

    ?????

    C'était pas trop l'moment, mais j'ai pas pu résister.

    - Oh oui j'adore les histoires ! Mais pas une que je connais déjà hein ?

    - Non ne t'en fais pas je suis sûre que tu ne la connais pas, bon tu es prête ?

    J'ai hoché énergiquement la tête et il a commencé à me raconter. Ça m'arrive souvent quand je lis les livres de maman, mais j'ai pas toujours tout compris à ce qu'il disait. Enfin ça me dérangeait pas, si j'écoutais bien au bout de quelques phrases j'avais pas trop de mal à retrouver le fil du récit. C'était l'histoire d'un petit canard qu'est tout gentil à l'intérieur, mais que les autres canards veulent pas jouer avec lui parce qu'il est différent des autres, même qu'ils ont été tellement méchants que le p'tit canard ben il est parti de chez lui. Un peu comme moi, sauf que j'adore ma famille ! Bref, un jour le p'tit canard a grandi, et il est devenu aussi beau qu'il était à l'intérieur, et du coup bah les autres canards ben ils avaient plus rien à critiquer et ils ont fermé leur caquet. Et si j'ai bien tout compris, ben en fait c'était pas un canard, c'était un oiseau encore plus beau, un cygne ou quelque chose comme ça. Une fois qu'il a eu fini de raconter, j'avais envie de lui dire à quel point je la trouvais trop belle son histoire, sauf qu'il m'a devancé :

    - Tu sais Mélissa, toi aussi plus tard tu deviendras un cygne, et les autres enfants auront tous eu tort de se moquer de toi, parce qu'ils n'auront pas le petit quelque chose de différent que toi tu as.

    - C'est vrai ?

    ?????

    - J'en suis sûr.

    Ça me faisait trop bizarre de m'imaginer sous cet angle là, mais c'était pas désagréable, en tout cas beaucoup moins que de se dire que c'était parce que j'étais un monstre à l'intérieur.

    Puis là, d'un coup, j'ai eu un gros coup sur le coeur, j'aurais trop voulu raconter cette histoire à Benjamin, et dire à papa que y'avait aussi des gentils monsieurs que je connaissais pas, et aussi serrer très fort maman dans les bras, et sentir le petit bébé dans son ventre, pour lui raconter à lui aussi plus tard. J'avais tellement envie de les revoir, là, maintenant, et en même temps j'avais tellement peur de ce qui se passerait si je revenais.

    - Dites vous croyez que j'ai le droit de revenir chez moi ?

    - Le droit ? Mais bien sûr quelle question !

    - Non mais c'est que je suis parti sans rien dire à personne, j'ai laissé ma maman toute seule alors qu'elle était toute triste, j'ai abandonné mon frère alors qu'il va peut-être allé en prison, et mon papa va encore se faire un sang d'encre à cause de moi.

    - Ne t'inquiète pas pour ça, je pense que ça les rassurera beaucoup de savoir où tu es.

    C'est vrai que j'avais pas pensé à ça, je me doutais qu'ils se demanderaient où j'avais bien pu passer, et qu'ils me chercheraient, mais je me disais que même si je disparaissais et qu'ils étaient tristes, ce serait pas trop grave parce qu'au moins je leur apporterais plus de problèmes. Sauf que là, je repensais à toutes ces histoires qui me faisaient de la peine que j'avais lu où les parents perdaient leurs enfants, et je me souviens que je trouvais ça affreux et trop triste, et même que je pleurais quand ils les retrouvaient enfin.

    - Tu veux leur téléphoner ?

    - Euh... non, je préfère que ce soit vous, j'peux vous donner le numéro de la maison si vous voulez.

    J'avais trop peur d'entendre leurs réactions, je me sentais trop bête d'être partie comme ça, j'aurais pu au moins leur laisser un mot. Je réfléchissais à ce que je pourrais leur dire une fois que je les aurais en face, mais quand j'ai vu papa, maman et même Benjamin qu'aurait dû être à l'école, ben j'ai pas eu ni à m'excuser ni à me faire gronder, ils m'ont juste serré très fort dans leurs bras.

    ?????

    J'avais les yeux qui piquaient, mais pour une fois c'était pas parce que j'étais triste, j'étais trop heureuse d'enfin les retrouver.

    - Ma chérie j'ai eu tellement peur...

    Je lui ai rien répondu, là, serrée contre elle, je sentais juste son cœur cogner très fort dans sa poitrine.

    ?????

    Mon papa lui il a rien dit non plus, mais il est comme ça mon papa, dans ce genre de situations il sait jamais quoi dire. Moi ça me dérange pas, j'avais pas envie de parler non plus.

    ?????

    - Tu refais plus jamais ça, hein soeurette ?

    Là encore j'ai rien répondu, j'étais trop contente de voir qu'il allait bien, qu'il lui était rien arrivé par ma faute, et c'est plutôt moi qui me suis jeté dans ses bras cette fois.

    ?????

    Ensuite, maman c'est tournée vers le vieux monsieur et elle l'a remercié un millier de fois. Elle a parlé un loooong moment pour lui dire à quel point elle était heureuse, qu'elle ne le remercierait jamais assez, ensuite elle s'est arrêtée pour réprimander papa qui tirait la tronche parc'qu'il aurait voulu être prévenu plus tôt d'où j'étais, mais il a quand même fini par le remercier lui aussi, mais sincèrement, pas parce que maman le surveillait du regard, ou alors peut être un peu des deux.

    Finalement, il a bien fallu qu'on parte, mais cette fois ça ne me faisait pas mal au cœur, j'étais contente de revenir.

    ?????

    - Encore merci monsieur... euh...

    - Mercier, mais appelez-moi François.

    - Merci François.

    - Ne vous en faites pas pour ça va, et rentrez donc chez vous vous occuper de vot' petite famille. Qui va bientôt s'agrandir si je n'm'abuse.

    Ça a fait rire maman, mais moi même si j'avais envie de vite rentrer chez moi, je suis restée encore quelques minutes.

    ?????

    - Dites je pourrais revenir vous voir pour écouter d'autres histoires ?

    - Quand tu veux ma petite.

    - Et même si je suis un tout petit peu triste ?

    - Même si tu es très très triste tu es la bienvenue ici.

    - Merci ! Et... et au revoir !

    - Au revoir Mélissa.

    J'étais super contente de retrouver enfin mon chez moi et ma famille, et je me suis promis de ne plus jamais repartir, parce que ça fait trop mal de se retrouver toute seule, et que j'avais pas envie de faire encore plus mal à papa, maman et Ben.

    Une fois à la maison, où maman a filé aux toilettes et papa est parti appeler la police pour dire qu'ils m'avaient retrouvé - oui carrément, la police ! - , Benjamin s'est tourné vers moi et il m'a dit avec le même air que prennent les grands quand ils prennent une décision importante :

    - T'en fais pas p'tite soeur, je laisserais plus jamais les autres te faire pleurer, et si jamais ils essaient, c'est eux qui vont pleurer comme des bébés tu verras !

    J'ai fait un large sourire et il m'a pris dans ses bras.

    - Merci Ben...

    ?????

    Je n'essaierais plus jamais de disparaître, ils me manqueraient tous trop ! Et si les autres enfants ne m'aiment pas tant pis, au moins j'ai avec moi des personne qui m'aiment sincèrement.

    Et voici une grande nouvelle qui est survenue quelques mois plus tard : ça y est je suis grande soeur !

    ?????

    Elle s'appelle Clémentine ! Benji arrête pas de râler parce qu'il voulait un petit frère, mais ça va lui passer. Elle est toute petite et a l'air trop fragile alors j'ose pas trop la prendre dans mes bras, mais qu'est-ce qu'elle est mignonne !

     


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