• - Benjamin -

    Nan mais de quoi j'me mêle la frangine hein ? Elle sait même pas c'que c'est qu'elle ne vienne pas me prendre la tête, vivement qu'elle grandisse et qu'elle ait ses amours à elle. Et d'ailleurs, je me ferais un plaisir de la taquiner à ce moment-là... De toute façon je savais déjà qu'il faudrait que je lui adresse la parole un jour ou l'autre, ne serait-ce que pour mieux la connaître, mais bon, elle est toujours avec un mec ou une de ses copines alors c'est pas forcément évident. Pis j'ai pas envie de demander de l'aide à Milo parce que c'est sa cousine/nièce, ce serait vache de ma part, en plus ils ne vivent plus ensemble.

    Du coup bien avant ça je m'étais dit que j'allais commencer à arriver en avance sur l'heure du premier cours de la journée, sait-on jamais que par chance ce soit son cas à elle aussi et que je puisse lui adresser deux mots avant qu'un autre mec ou une de ses copines ne la monopolise. Nan mais le rentre-dedans en face de tout le monde, c'est pas trop mon truc, elle est jolie mais je la connais pas. Pis bon, ch'uis pas trop du genre à écouter les rumeurs, mais sait-on jamais que, comme Killian l'a dit, elle saute vraiment d'un mec à l'autre, je préfère être averti. Enfin bref, ça avait pas trop marché les dernières fois, mais là elle était arrivée en avance, comme moi, non accompagnée, et y'avait que quelques personnes dans le couloir, c'était l'occasion ou jamais, alors je me suis lancé.

    - Salut !

    - Salut, euh... Benjamin c'est ça ?

    J'en revenais pas qu'elle sache qui je suis, enfin, elle devait l'entendre à l'appel tous les jours en même temps je ferais mieux de pas trop me monter la tête.

    - C'est ça, hum... Diana.

    - Non non, Diana c'est moi.

    Je me figeai dans ma réflexion, ce n'était pas du tout c'que j'entendais par là ! Je me mis à fixer un point du regard, d'un seul coup très embarrassé en cherchant comment rattraper ce malentendu, elle en tout cas, ça la fit éclater de rire.

    - Détends-toi je plaisantais ! Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

    - Ben euh... hurm.

    Je m'éclaircis la gorge pour me reprendre et paraître un peu plus en confiance, et surtout moins ridicule. Je débitai très vite :

    - Tu avais l'air sympa alors j'ai eu envie de faire un peu plus connaissance.

    - Connaissance ? C'est tout ?

    - Ben... oui.

    Et plus si affinité, mais ça ça ne franchirait jamais la barrière de mes lèvres, même sous la torture.

    - Eh bien je serais moi aussi ravie de mieux te connaître, Benjamin.

    Je déglutis difficilement, difficile de garder le regard au niveau de ses yeux. En même temps, j'étais content de savoir qu'elle m'avait pas simplement remballé et que tout aurait été mort. Je n'eus pas le temps de relancer la conversation que quelqu'un d'autre se pointa.

    - Hé, Diana !

    Une de ses amies la rejoignit et elle lui fit signe qu'elle arrivait.

    - Bon ben à plus tard, Benji.

    - A plus !

    Je la regardai se détourner et cette fois c'est Killian qui me rejoignit, avec un regard plein de sous-entendus.

    - Alors t'as réussi à lui parler ?

    C'était moins une question qu'une affirmation devant un fait inespéré, mais je ne relevai pas.

    - Ouais ! Elle veut bien qu'on se connaisse mieux !

    Il eut un léger froncement de sourcil du genre "c'est tout ?", ou "t'as l'air bien c*n", ou les deux. Pas eu le temps de lui faire remarquer qu'il n'avait qu'à s'y prendre à ma place puisque c'était si simple pour lui que Milo arrivait.

    - J'ai loupé un truc ?

    - Benji s'est enfin lancé !

    Je lâchai sur un ton de reproche en jetant un coup d’œil aux alentours :

    - Ouais ben le hurle pas sur tous les toits quand même.

    - Ah mais c'est super, qu'est-ce que tu lui as dit ?

    - Que j'voulais mieux la connaître.

    - Quoi c'est tout ?

    - Mais vous avez quoi tous ? Qu'est-ce ce que tu voulais que je lui dise de plus ?

    Il commença à m'énumérer d'un ton moqueur :

    - Bah qu'elle est belle, dotée d'un charme irrésistible, intelligente même si t'en sais rien, que c'est celle qui fait battre ton cœur à chaque seconde...

    Je fis mine de me boucher les oreilles.

    - Stop ! Je ne veux plus rien entendre !

    Je pense que ça aurait pu durer longtemps si le prof d'histoire-géographie n'était pas arrivé, et pour une fois j'étais bien content de le voir !

    Ce n'était pas une matière que je détestais, ça me réussissait même plutôt pas mal grâce aux correspondances (ouais j'découvrais des pays que je croyais même inexistants !), mais je ne pouvais pas dire que je sois très concentré. OK elle ne m'avait pas envoyé paître, mais du coup quand est-ce que j'aurais à nouveau l'occasion de lui parler ? Et dans quelles circonstances ? Ça me torturait aussi l'esprit de ne pas savoir ce qu'elle pensait exactement de moi, ni de quoi lui parler exactement sans passer pour une andouille... J'aurais bien demandé à Milo quels sont ses centres d'intérêt, mais il m'avait l'air bien concentré sur le cours et je n'osai pas le déranger. Tant pis je lui demanderais à la pause.

    Seulement, à la fin du cours, je n'eus pas le temps de lui adresser la parole que Diana me harponna littéralement.

    - Benjamin, tu viens "mieux me connaître" ?

    J'avais comme la désagréable impression qu’elle se moquait de moi... je chassai ces pensées de mon esprit en hochant simplement la tête, pas sûr de pouvoir dire un mot sans bafouiller. Elle m'attrapa par le bras et m'entraîna à sa suite, ça les faisait bien rire derrière, enfin, surtout Killian, rah taisez-vous vous deux. Je fis à peine attention à l'endroit où elle se dirigeait, très absorbé par son déhanché je devais bien avouer, et ne réalisait que lorsqu'elle s'arrêta que nous étions dans la cour, très exactement près du pauvre cerisier fleuri qui avait dû voir graver tout une tripotée de couples temporaires sur son écorce.

    - Alors Benji, qu'est-ce que tu aimes chez moi ?

    Ah ouais directe... ne pas rougir et ne pas bafouiller surtout, elle va me prendre pour un idiot sinon...

    - Ben... tu es jolie et... tu as l'air sympa...

    Mais qu'est-ce que je fichais là sérieux ? En tout cas, ça avait l'air de lui convenir, pour l'instant du moins...

    - Ha ha, t'es mignon.

    J'avais surtout l'impression d'être un gros empoté. Elle m'invita à s'asseoir sur le banc où elle poursuivit la conversation :

    - Alors, parle-moi de toi, c'est vrai que tu as refait le portrait du Plènozas ?

    Ah... je pensais pas que ça se savait encore, j'espère que ça ne va pas finir comme papa en me poursuivant toute ma vie !

    - Euh... oui, admis-je, mais c'était y'a un moment...

    A tous les coups elle va me prendre pour quelqu'un de violent... bizarrement elle eut exactement la réaction inverse de ce que je craignais.

    - C'est quand même pas rien !

    Elle se mit à papillonner des yeux, de plus en plus proche, et je sentis sa main se poser sur la mienne, remontant des frissons tout le long de mon bras.

    - J'aime beaucoup les mecs qui ne se laissent pas marcher sur les pieds...

    Je ris nerveusement, animé d'un certain regain de confiance en moi tandis que je lançai :

    - Oh il fallait le voir, il a filé tout droit pleurer dans les jupes de sa mère !

    J'entrai dans les détails avec des gestes de démonstration... Bon sang mais qu'est-ce qui me prenait ? Je m'en étais jamais vanté auparavant, surtout après les remontrances de mes parents... Je chassai pourtant bien vite ce léger sentiment de culpabilité en constatant ses airs impressionnés, me rengorgeant bien vite. Elle s'intéressait à moi, mieux que ce que j'aurais jamais espéré, mais là j'avais tout de même l'impression d'en faire un peu trop pour attirer son admiration...

    C'est avec soulagement que j'entendis la sonnerie retentir, m'interrompant dans mon discours trop orgueilleux; Je me levai pour me rendre en cours et, alors qu'elle m'imitait, elle me prit la main, ce qui déclencha comme des chatouilles dans mon ventre...

    - Tu t'assois à côté de moi pour ce cours ?

    Ça m'embêtait de devoir prévenir Milo au dernier moment, mais je pouvais décemment pas refuser. Je restai assis à côté d'elle tout le reste de la journée et, au final, passai plus de temps à papoter que suivre le cours. Elle me questionnait sur moi - j'avoue j’enjolivais un peu en répondant - et me parla également beaucoup d'elle-même.

    J'appris notamment que son père était rarement à la maison, constamment dans les bras d'une autre, et ça me fit de la peine pour elle en me rappelant tout ce qu'avait vécu Milo à cause de la négligence de ses parents. Elle était effectivement sorti avec plusieurs mecs et ne s'en cachait pas, car, n'ayant plus vraiment confiance en les hommes, elle voulait trouver le bon. Tout en lui assurant que personnellement je ne la laisserais jamais tomber pour aller courir les jupons, j’espérais secrètement être "le bon"...


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  • - Clémentine -

    Mon anniversaire approchant, j'invitais régulièrement la B.A.P. à la maison après les cours, pour qu'on profite avant d'aller au lycée. Je le voyais avec Mélissa et Benjamin, les devoirs étaient beaucoup plus compliqués ! J'avais demandé des nouvelles à mon frère sur l'inconnue qui lui avait rendu le cerveau tout mou, mais il avait pas décousu, impossible de lui arracher un indice ! A part les rougissements gênés sur lequel je ne me privais de le taquiner. M'enfin, je reviendrais à la charge quand je pourrais enfin le regarder d’œil à œil sans me tordre le cou.

    La plus-si-petite dernière.

    Maman et papa avaient installé un plongeoir près de la piscine (nous interdisant formellement toute figure compliquée sachant que sinon on se pétait le dentier sur le bord d'en face) et on en profitait bien...

    La plus-si-petite dernière.

    ... même si parfois c'était très douloureux.

    La plus-si-petite dernière.

    La plus-si-petite dernière.

    - Bientôt nous aussi on sera à la table des "grands" !

    La plus-si-petite dernière.

    Sarah était nettement plus douée que moi, et les autres faisaient moins de grimaces que quand je me payais des plats...

    La plus-si-petite dernière.

    Bon, par contre, personne n'était aussi doué que moi sur l'échelle horizontale, na !

    La plus-si-petite dernière.

    - Equality tu peux pas m'aider ?!

    - Nan désolé ch'uis occupé à faire la course avec moi-même !

    - Pff !

    La plus-si-petite dernière.

    J'avais tenté de nouveaux trucs comme le dessin ou le violon et, sincèrement, j'aimais beaucoup la musique... même si j'étais pas forcément très mélodieuse.

    La plus-si-petite dernière.

    Pourtant, si j'aimais, je cherchais toujours l'instrument qui me conviendrait...

    La plus-si-petite dernière.

    Avec la B.A.P., on restait tous ensemble jusque tard le soir, il faisait moins chaud, et c'était meilleur en extérieur, épargnant un peu la piscine qu'on envahissait tout le temps. Ils étaient toujours aussi supers, et j'espérais bien que ça continuerait au lycée !

    La plus-si-petite dernière.

    Seul désavantage des réunions nocturnes : Equality fichait des frousses à tout le monde en grognant bizarrement.

    La plus-si-petite dernière.

    On prenait aussi des tas de photos, j'en avais affiché de partout dans ma chambre !

    La plus-si-petite dernière.

    Le grand jour étant arrivé, je me motivai, j'allais devenir une grande et avoir trop la classe ! Enfin y'avait intérêt !

    La plus-si-petite dernière.

    Je discutais un peu avec Crochet, mon poisson, d'après lui est-ce que j'allais réussir ma toupie ? Benjamin en avait fait une trop classe, je devais faire pareil ! Bon il risquait pas de me répondre, non seulement c'était un poisson, mais en plus il était squelettique, alors pour les cordes vocales, c'était un peu mort... dans tous les sens du terme. Je sais pas où papa l'avait pêché celui-là, mais je trouvais ça trop classe comme décoration !

    La plus-si-petite dernière.

    Après avoir invité tout le monde, je découvris que Sarah avait déjà grandi, c'était normal elle était plus âgée que nous, mais ne participerait pas à l'anniversaire collectif qui était prévu du coup. Eh oui on allait tous souffler nos bougies le même jour ! La B.A.P. toujours unie !

    La plus-si-petite dernière.

    Je réfléchissais au vœu que je pourrais faire, c'était bizarre parce que y'avait mon supposé Observateur - qui s'était invité tout seul comme d'habitude - devant moi, me suffisait de lui demander non ?

    La plus-si-petite dernière.

    Arrêtez de vous enthousiasmer autant j'aurais trop peur de me ridiculiser en ratant mon soufflage de bougies ou mon looping...

    La plus-si-petite dernière.

    Daemonya regardait très bizarrement Mélissa qui implorait de l'aide venant de maman du regard qui elle n'avait strictement rien remarqué.

    La plus-si-petite dernière.

    Bon, quand 'faut y'aller...

    La plus-si-petite dernière.

    Triple vrille, wouhou !

    La plus-si-petite dernière.

    Bon alors, voyons voir à quoi je ressemble...

    La plus-si-petite dernière.

    ... bon, OK, direction l'armoire avant que les étincelles ne me cachent plus.

    La plus-si-petite dernière.

    Et voili voilou, 'restait plus qu'à espérer que papa ne fasse pas une crise cardiaque en voyant ma tenue de fête, et maman aucun sermon sur le bide à l'air, devant mes potes ce s'rait trop la honte !

    La plus-si-petite dernière.

    Heureusement papa était bien trop occupé à mettre des bougies sur le gâteau pour l'enfant suivant pour prêter attention à mon entrée fracassante.

    La plus-si-petite dernière.

    Là, j'aurais bien mis une musique de James Bombe quand même... comment ça j'me fais trop de films ? Ouais, je serais même mieux que 007, aucune blonde se mettra sur mon chemin à moi.

    La plus-si-petite dernière.

    Dae' déteignait sérieusement sur Mélissa, c'était pas bon signe à mon avis...

    La plus-si-petite dernière.

    Joris souffla, on était tous à fond...

    La plus-si-petite dernière.

    ... et il se rata joliment, paix à son ego, moi j'avais réussi du premier coup !

    La plus-si-petite dernière.

    Bref, je me pris le flash en pleine rétine et lui les confettis en pleine tronche, tout allait bien.

    La plus-si-petite dernière.

    Bon il avait pas l'air très satisfait de ce qu'il voyait...

    La plus-si-petite dernière.

    ... ce qui n'empêcha pas Stellie de souffler à son tour.

    La plus-si-petite dernière.

    - Alors je suis comment ?

    - Arrête de briller et on pourra t'le dire...

    La plus-si-petite dernière.

    C'est qu'elle en jette quand même mademoiselle Scott ! Même en maillot de bain dépareillé.

    La plus-si-petite dernière.

    Et pour finir, Equality.

    La plus-si-petite dernière.

    On put enfin attaquer le gâteau !

    La plus-si-petite dernière.

    - Et un pas de plus vers ma carrière de super-espionne !

    - T'es encore là-dessus ?

    - Plus que jamais !

    Y avait plus un seul enfant dans les parages, ça faisait tout bizarre, mais on était toujours unis comme les cinq doigts de la main.

    La plus-si-petite dernière.

    C'était pas grandir qui m'empêchait de faire des plats par contre... ouille...

    La plus-si-petite dernière.

    Bref, pour mon naniv', j'avais eu THE guitare, et je ne me fis pas prier pour la tester immédiatement.

    La plus-si-petite dernière.

    Alors, c'était pas du tout la même chose qu'un violon ou un piano, mais j'aimais bien sentir les cordes sous mes doigts et des sons en sortir, ça viendrait.

     Bon, j'avais quand même le sentiment d'avoir bien réussi mon passage à l'adolescence, me restais plus qu'à cartonner à mon premier jour de lycée...

    ~~~

    Jour de lycée que vous ne verrez pas tout de suite, j'ai un chapitre à terminer avant ^^


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