• Venin de serpent.

    Venin de serpent.

    Franchement, heureusement qu'on ne se marie pas tous les jours, parce que ça ne me réussit pas trop à moi. Certes tous les invités étaient repartis indemnes, j'étais uni à la plus merveilleuse des femmes... sauf qu'en me réveillant le lendemain j'ai remarqué qu'on avait laissé la maison dans un sale état et que j'avais un mal de crâne pas possible, c'était pas tip top pour subvenir aux caprices de la plomberie.

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    Sinon vous vous souvenez des galipettes jus-de-fruitisées ? Ben voilà j'allais de nouveau être papa. C'était pas vraiment prévu, mais c'est pas pour ça que je suis pas content. Bon évidemment, deux enfants avec si peu d'écart ça allait pas être évident à gérer, mais tout ira bien non ?

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    N'empêche je me demande comment il peut avoir une bouille aussi adorable avec Gwen et piquer des crises de larmes pas possibles avec moi, je leur ai fait quoi à ces gosses pour les faire hurler à la mort dès que je m'en approche hein ?

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    A votre avis ce sera une fille ou un garçon cette fois ? Et est-ce que j'aurais une chance de pouvoir lui faire des câlins moi aussi ?

    D'ailleurs, parce qu'il ne peut pas y avoir que des bonnes nouvelles, j'ai apperçu de loin Malcolm au parc (évidemment j'ai fait comme si j'avais pas vu, pas besoin de ses railleries pour aujourd'hui), je crois qu'il s'est trouvé une madame Plènozas, une vraie poupée de plastique c'te nana ils vont bien ensemble.

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    Elle sait pas dans quoi elle s'embarque celle-là.... ou alors ils sont du même genre.

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    Pour revenir sur la grossesse de Gwen, Lucas fut bien entendu le premier au courant, il venait souvent nous voir puisque je ne passais plus autant qu'avant chez eux. Ses visites m'aidaient bien parce que, même si ce n'était pas mon premier enfant, bonjour la panique en songeant aux difficultés financières et familiales qui risquaient de nous attendre...

    L'heure de l'accouchement vint si vite que je n'eus même pas le temps de dire ouf, ni de paniquer plus que de raison, une jolie petite fille était née.

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    Elle s'appelle Mélissa Taulard et devinez quoi ?

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    Nan mais vous avez vu le beau sourire qu'elle me fait ? Elle ne pleure même pas quand je la prend dans mes bras ('fin sauf quand elle a la couche pleine quoi) ! C'est qui la petite princesse à son papa hein ?

    Ahem, n'allez pas croire que parce que je passe mon temps à câliner ma fille j'en oublie ma femme hein ! Non non je l'aime comme au premier jour ma Gwen.

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    Cependant il était vrai qu'on n'avait plus autant de temps pour se câliner, avec deux bébés à charge qui se relayaient pour pleurer nos nuits étaient brutalement raccourcies.

    Venin de serpent.

    Ce qui était encore plus éprouvant pour Gwen qui travaillait.

    Venin de serpent.

    Et forcément comme le bonheur ne pouvait pas durer j'ai eu droit à une très agréable rencontre, chez moi en plus...

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    - Alors Taulard, on s'amuse avec plus laid que soi ?

    Nan mais d'où qu'il insulte ma plante vache lui ?!

    - Tu t'es jamais r'gardé dans un miroir je me trompe ? A côté de toi Noiraude c'est une top modèle, répliquai-je.

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    - Quel nom ridicule, ricana-t-il, t'as donné le même genre à tes gosses ?

    Je vois que monsieur est très au courant sur moi, j'aime pas trop ça... Autant aller droit au but avant que je m'énerve pour de bon parce que je sens que c'est bien parti :

    - Bon, qu'est-ce que tu veux ? Si t'es juste là pour m'courir sur le haricot alors dégage.

    Un rictus malveillant déforma ses traits, ça ne me donnait pas vraiment envie de savoir ce qu'il avait derrière la tête.

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    - Tu crois vraiment que je vais te laisser mener une vie tranquille après l'humiliation que tu m'as fait subir ?

    - Rah mais c'est bon lâche-moi la grappe avec tes histoires d'ado, t'as pas l'impression de m'avoir suffisamment pourri l'existence comme ça ?

    - Rien ne saura jamais réparer l'affront que tu m'as fait, si tu daignais rester à ta place comme tout le monde tu n'en serais pas là, Taulard.

    Rester à ma place hein ? Il s'imagine quoi ? Que je vais ramper à ses pieds et lui faire du baise-main dès que je le croise ? Plutôt mourir ! Je sentais mon sang pulser dans mes tempes et je me demandais jusqu'où il irait si ma situation ne le satisfaisait pas.

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    - Tu m'as envoyé en prison, tu m'empêches de me trouver un job, tu pourris même jusque mes relations sociales, il te faut quoi de plus ? Que je passe l'arme à gauche ?

    Il esquissa un demi-sourire sur cette dernière tirade qui, j'avoue, me fit un peu flipper.

    - Hum... non, te tuer serait bien trop rapide, et si jamais quelqu'un faisait le lien avec moi, cela nuirait à ma réputation. Et à chaque fois que je te mets des bâtons dans les roues, tu trouves toujours le moyen de t'en tirer... tu es trop bien entouré, voilà le problème.

    Si c'est des amis qu'il lui manque, il n'a qu'à revoir un peu sa petite personne, non mais ! En plus j'ai galéré des années pour en arriver là et il trouve que je m'en tire trop bien ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Je vais pas devenir mendiant pour ses beaux yeux quand même ! Je me gardais pourtant toute raillerie en voyant un éclat malsain allumer ses yeux de serpent. Il poursuivit :

    - Si j'étais toi Taulard, je m'inquiéterais pour ceux auxquels je tiens.

    Non mais je rêve ou il me menace ? Ignorant totalement ma conscience qui me hurlait de ne pas me risquer plus loin dans l'échange, je m'exclamai :

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    - Non mais et mon poing dans ta figure tu l'as vu celui-là ? Essaie quoique ce soit contre ma famille, ou mes amis, et je te jure que c'est toi qui va finir au fond du trou, c'est clair ?

    Si je le vis tressauter - sans doute s'attendait-il à un tout autre réaction - , il ne se démonta pas pour autant. Il devait se croire bien à l'abri derrière son tas d'or et son nom de famille. Moi par contre je commençai à sentir une peur sourde grimper en moi en songeant à ce qu'il pouvait bien être capable de faire.

    Je pris sur moi pour ravaler ma colère avant de lâcher, les dents serrées, une certaine tension transparaissant encore dans ma voix :

    - Et il faudrait que je fasse quoi hein pour que tu me foutes la paix hein ?

    Je le vis tourner les talons et lancer par-dessus son épaule, d'un ton qui me colla des frissons dans l’échine :

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    - Sépare-toi de ce que tu as de plus cher et quitte la ville, que je ne revois plus jamais ta sale tête. Sinon ce ne sera plus sur toi que je m'acharnerais...

     

     


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